Signalement de harcèlement moral aux RH
Cette lettre permet à un salarié de signaler par écrit des faits qu'il estime constitutifs de harcèlement moral à son employeur ou au service des ressources humaines. Elle décrit les faits de façon datée, rappelle l'obligation de prévention de l'employeur et demande l'ouverture d'une enquête et de mesures de protection.
Modèle de lettre
Les passages [entre crochets] sont à remplacer par vos informations, à choisir entre plusieurs options ou à supprimer s'ils ne vous concernent pas. Ce modèle est une base d'information, pas un conseil juridique personnalisé.
Textes cités dans la lettre
- Code du travail, art. L. 1152-1 : Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel.
- Code du travail, art. L. 1152-2 : Aucune personne ne peut être sanctionnée ni licenciée pour avoir subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral, ou pour en avoir relaté ou témoigné de bonne foi.
- Code du travail, art. L. 1152-4 : L'employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral.
- Code du travail, art. L. 1154-1 : Le salarié présente des éléments de fait laissant supposer un harcèlement ; il appartient alors à l'employeur de prouver que ses agissements ne sont pas constitutifs de harcèlement et que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.
- Code du travail, art. L. 4121-1 : L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs : prévention, information et formation, organisation et moyens adaptés.
- Code pénal, art. 222-33-2 : Le harcèlement moral est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.
Points clés
- Décrivez uniquement des faits datés, précis et vérifiables. Évitez les qualifications juridiques à l'égard de personnes nommées : c'est au juge ou à l'enquête de qualifier.
- En cas de litige, vous devez présenter des éléments de fait laissant supposer un harcèlement ; l'employeur doit ensuite prouver qu'il n'y en a pas (art. L. 1154-1 du Code du travail). Conservez donc tout ce qui date et documente les faits.
- L'employeur est tenu de prévenir le harcèlement et de protéger la santé de ses salariés (art. L. 1152-4 et L. 4121-1 du Code du travail) : le signalement écrit l'oblige à agir et le met en situation de répondre.
- Vous êtes protégé contre toute sanction ou licenciement pour avoir signalé des faits de bonne foi (art. L. 1152-2 du Code du travail).
- Parallèlement à cette lettre, vous pouvez consulter le médecin du travail, les représentants du personnel et l'inspection du travail, et demander un avis juridique avant toute procédure.
Checklist pratique
- 1 Établir une chronologie : dates, lieux, faits, témoins, conséquences.
- 2 Rassembler les preuves : courriels, messages, plannings, évaluations, certificats médicaux, attestations.
- 3 Vérifier si votre entreprise dispose d'un référent harcèlement, d'une procédure interne ou de représentants du personnel à informer.
- 4 Envoyer la lettre en recommandé ou en main propre contre décharge, et conserver une copie.
- 5 Consulter votre médecin traitant ou le médecin du travail si votre santé est affectée.
- 6 Noter chaque réponse ou absence de réponse de l'employeur.
Questions fréquentes
À partir de combien de faits parle-t-on de harcèlement moral ?
Il faut des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail et peuvent porter atteinte aux droits, à la dignité, à la santé ou à l'avenir professionnel du salarié (art. L. 1152-1 du Code du travail). C'est le juge qui apprécie, sur l'ensemble des faits.
Puis-je être licencié parce que j'ai signalé des faits ?
Non, si vous avez agi de bonne foi : l'article L. 1152-2 du Code du travail interdit toute sanction ou tout licenciement pour avoir relaté ou dénoncé des faits de harcèlement moral. Un tel licenciement peut être annulé.
Que faire si l'employeur ne répond pas ?
Vous pouvez saisir le médecin du travail, les représentants du personnel, l'inspection du travail, ou envisager une action devant le conseil de prud'hommes. Pour des faits graves, un dépôt de plainte est possible (art. 222-33-2 du Code pénal).
Cette lettre est-elle utile si je veux partir de l'entreprise ?
Oui, elle documente votre situation et peut servir de base à une discussion amiable sur les conditions de votre départ. Elle ne remplace pas un avis juridique.