Modèle d'accord amiable (après négociation)
Ce modèle d'accord amiable permet à deux parties qui ont négocié de formaliser leur transaction par écrit : exposé du litige, concessions réciproques, engagements chiffrés, renonciation à toute action et modalités de signature. Il peut être complété par un contreseing d'avocats ou une demande d'homologation pour lui donner force exécutoire.
Modèle de lettre
Les passages [entre crochets] sont à remplacer par vos informations, à choisir entre plusieurs options ou à supprimer s'ils ne vous concernent pas. Ce modèle est une base d'information, pas un conseil juridique personnalisé.
Textes cités dans la lettre
- Code civil, art. 2044 : La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître.
- Code civil, art. 2052 : La transaction fait obstacle à l'introduction ou à la poursuite, entre les parties, d'une action en justice ayant le même objet.
- Code civil, art. 1103 et 1104 : Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits et doivent être exécutés de bonne foi.
- Code civil, art. 1374 : L'acte sous signature privée contresigné par les avocats de chaque partie fait pleine foi de l'écriture et de la signature des parties.
- Code de procédure civile, art. 1541-1 : Un accord qui n'est issu ni d'une conciliation, ni d'une médiation, ni d'une convention de procédure participative ne peut être homologué que s'il constitue une transaction au sens de l'article 2044 du Code civil.
- Code des procédures civiles d'exécution, art. L. 111-3 : Constituent notamment des titres exécutoires les accords auxquels les juridictions ont donné force exécutoire et les transactions et accords issus d'une médiation, d'une conciliation ou d'une procédure participative contresignés par les avocats des parties et revêtus de la formule exécutoire par le greffe de la juridiction compétente.
Points clés
- Pour être une transaction valable, l'accord doit mettre fin à une contestation par des concessions réciproques des deux parties : un accord où une seule partie cède n'est pas une transaction (art. 2044 du Code civil).
- Une fois signée, la transaction fait obstacle à ce qu'une partie saisisse le juge de la même contestation (art. 2052 du Code civil). Elle doit être rédigée par écrit (art. 2044 du Code civil). Relisez donc le périmètre de la renonciation avant de signer.
- Seuls les droits dont les parties ont la libre disposition peuvent faire l'objet d'une transaction ; les droits indisponibles (état des personnes, par exemple) ne le peuvent pas. En droit du travail, une transaction n'est valable qu'après la rupture du contrat.
- L'accord n'a pas, par lui-même, force exécutoire : pour pouvoir l'exécuter sans nouveau procès, faites-le contresigner par les avocats et revêtir de la formule exécutoire, ou faites-le homologuer par le juge (art. 1541-1 du Code de procédure civile).
- Soyez précis sur les montants, les dates, les modalités de paiement et la clause de déchéance du terme : les imprécisions sont la première cause de nouveaux litiges.
- La signature électronique a la même valeur qu'une signature manuscrite si elle est fiable (art. 1367 du Code civil) ; une signature avancée ou qualifiée offre la meilleure sécurité probatoire.
Checklist pratique
- 1 Lister précisément l'objet du litige, les prétentions de chaque partie et les pièces sur lesquelles elles se fondent.
- 2 Identifier les concessions réciproques et les chiffrer.
- 3 Vérifier que les parties ont la capacité et les pouvoirs de transiger (représentant légal, associé gérant, etc.).
- 4 Choisir la voie de force exécutoire : homologation par le juge ou contreseing d'avocats.
- 5 Faire relire l'accord par un avocat, un juriste ou un conciliateur avant signature.
- 6 Signer en autant d'exemplaires que de parties, ou par signature électronique fiable, et conserver une copie datée.
Questions fréquentes
Un accord amiable a-t-il la même valeur qu'un jugement ?
Une transaction écrite fait obstacle à ce qu'une partie saisisse le juge du même litige (art. 2052 du Code civil). Mais pour être exécutée de force, elle doit en plus être revêtue de la formule exécutoire (contreseing d'avocats puis greffe) ou homologuée par le juge.
Qu'est-ce qu'une concession réciproque ?
Chaque partie abandonne une partie de ses prétentions ou s'engage à une prestation en contrepartie de l'abandon de l'autre. Sans concession de part et d'autre, l'accord risque d'être requalifié.
Puis-je transiger sur tous les sujets ?
Non. Seuls les droits dont vous avez la libre disposition le permettent. Pour les enfants (pension, résidence), le juge reste garant de l'intérêt de l'enfant et l'accord doit généralement être homologué.
Que faire si l'autre partie n'exécute pas l'accord ?
Mettez-la en demeure par lettre recommandée, puis utilisez la force exécutoire de l'accord si vous l'avez obtenue, ou saisissez le juge en exécution du contrat.