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Accord commercial verbal non respecté

Contrairement à une idée reçue, un accord verbal entre professionnels n'est pas dénué de valeur juridique : il peut être prouvé par tout moyen, à condition de réunir des éléments suffisamment probants.

Points clés à retenir

  • • La liberté de la preuve commerciale permet d'utiliser emails, SMS, devis, bons de livraison ou témoignages.
  • • Cette liberté suppose la qualité de commerçant des deux parties et le caractère commercial de l'acte concerné.
  • • En cas de contestation sérieuse, les juges peuvent exiger des indices graves, précis et concordants.
  • • Un début d'exécution du contrat (livraison, paiement partiel) constitue souvent un indice fort de l'accord conclu.

Cadre juridique

À l'égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens, sauf disposition contraire de la loi (Code de commerce, art. L110-3). Un accord verbal peut ainsi être prouvé par des emails, SMS, bons de commande, factures ou écritures comptables, sans qu'un écrit signé soit obligatoire entre professionnels.

  • Code de commerce, art. L110-3 Liberté de la preuve des actes de commerce entre commerçants : tous moyens de preuve sont recevables, sauf exception légale.

Vos options pour résoudre le litige

Pour un litige entre professionnels, plusieurs voies coexistent, avec des profils de coût, de délai et de portée différents :

  • Médiateur des entreprises ou d'une CCI Médiation conduite par le médiateur des entreprises ou une CCI, à coût réduit voire nul, pour un différend d'affaires. Elle est couverte par la confidentialité mais dépend de l'accord des deux entreprises et reste dépourvue de pouvoir juridictionnel.
  • Conciliation de justice Prise en charge par un conciliateur de justice, sans frais pour les parties (art. 1536 et s. du CPC). Son accès dépend de la présence d'un conciliateur dans le ressort ; elle repose sur l'accord des deux parties pour dialoguer et reste dépourvue de pouvoir juridictionnel.
  • Médiation conventionnelle ou procédure participative Négociation encadrée par un tiers ou par les avocats des parties, généralement bouclée en un à trois mois (art. 1530 et s. du CPC ; art. 2064 et s. du Code civil). Elle a un coût : honoraires du médiateur, ou avocat obligatoire de part et d'autre en procédure participative.
  • Résolution amiable des litiges en ligne Négociation directe entre les parties, menée en ligne : elles échangent leurs propositions dans un cadre structuré, sans déplacement, pour un coût forfaitaire fixé à l'avance et un délai de quelques jours à quelques semaines. Si elles s'entendent, l'accord est signé électroniquement par les deux parties et les engage comme un contrat. Elle repose sur la participation volontaire des deux parties et n'a pas de pouvoir juridictionnel.
  • Tribunal de commerce Tranche le litige entre professionnels par une décision exécutoire ; comptez un à trois ans avec un appel ou une expertise, plus les frais. La tentative amiable préalable de l'art. 750-1 du CPC vise les litiges civils portés devant le tribunal judiciaire ; devant le tribunal de commerce, aucune obligation générale de ce type ne s'impose, mais une clause du contrat peut prévoir une conciliation préalable.

L'accord issu d'une voie amiable a la valeur d'un contrat (art. 1103 du Code civil). Pour être homologué par le juge et recevoir force exécutoire, il doit constituer une transaction, c'est-à-dire comporter des concessions réciproques (art. 2044 du Code civil ; art. 1541-1 et 1543 du CPC), sauf accord issu d'une conciliation, d'une médiation ou d'une procédure participative.

Checklist de préparation

Rassembler tous les échanges écrits, même informels, confirmant les termes de l'accord verbal.
Identifier tout commencement d'exécution du contrat par l'une ou l'autre des parties.
Solliciter des témoignages de tiers ayant connaissance directe de l'accord conclu.
Si le désaccord persiste, comparer les voies possibles, amiables comme judiciaire, selon la nature et le montant du litige.

Questions courantes

Que dit la loi en cas d'accord commercial verbal non respecté ?

À l'égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens, sauf disposition contraire de la loi (Code de commerce, art. L110-3). Un accord verbal peut ainsi être prouvé par des emails, SMS, bons de commande, factures ou écritures comptables, sans qu'un écrit signé soit obligatoire entre professionnels.

Un accord verbal entre professionnels a-t-il une valeur juridique ?

Oui. Entre commerçants, les actes de commerce se prouvent par tous moyens (art. L110-3 du Code de commerce) : mails, SMS, devis, bons de commande, factures, écritures comptables, témoignages.

Qu'est-ce qui rend la preuve solide ?

Un faisceau d'indices graves, précis et concordants, et surtout un commencement d'exécution (marchandise livrée, acompte encaissé). Face à un non-commerçant, un écrit redevient nécessaire au-delà de 1 500 € (art. 1359 du Code civil).

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