Taxe de séjour trop perçue par une plateforme de location
Une plateforme de réservation a prélevé une taxe de séjour supérieure au tarif voté par la commune, l'a facturée deux fois, ou l'a appliquée à un séjour exonéré. Le trop-perçu doit être restitué au voyageur ou au logeur qui l'a supporté.
Points clés à retenir
- • Le tarif applicable est celui délibéré par la commune du lieu de séjour, dans les limites du barème national.
- • La plateforme qui encaisse le loyer est chargée de collecter la taxe pour le compte du logeur.
- • Un dépassement de tarif, une double collecte ou l'oubli d'une exonération créent un indu restituable.
- • La réclamation se dirige contre la plateforme qui a encaissé, à charge pour elle de se régulariser avec la commune.
Cadre juridique
La taxe de séjour est due par les personnes qui séjournent à titre onéreux sans y être domiciliées et est collectée par le logeur ; lorsque la réservation se fait via une plateforme numérique d'intermédiation qui encaisse le paiement, celle-ci collecte la taxe pour le compte du logeur et la reverse à la commune (CGCT, art. L2333-33 et L2333-34). Un montant prélevé au-delà du tarif voté par la commune, ou une double collecte, constitue un indu que le voyageur ou le logeur peut réclamer à la plateforme (Code civil, art. 1302-1).
- Code général des collectivités territoriales, art. L2333-33 La taxe de séjour est assise sur les nuitées et son tarif est fixé par délibération de la commune, dans les limites d'un barème national.
- Code général des collectivités territoriales, art. L2333-34 Les plateformes numériques qui encaissent le loyer collectent la taxe de séjour pour le compte du logeur et la reversent à la commune.
- Code civil, art. 1302-1 Toute somme perçue au-delà de ce qui est dû doit être restituée à celui qui l'a payée.
Vos options pour résoudre le litige
Face à un redressement ou une imposition contestée, plusieurs recours existent, dans un ordre précis :
- Réclamation préalable et conciliateur fiscal La contestation commence par une réclamation écrite au service des impôts (art. L190 du Livre des procédures fiscales), dans le délai légal. Le conciliateur fiscal départemental peut être saisi gratuitement pour un second regard, mais son intervention ne suspend pas les délais de recours.
- Médiateur des ministères économiques et financiers Le médiateur de Bercy peut être saisi gratuitement lorsque les démarches auprès de l'administration ont échoué. Il rend un avis non contraignant, utile notamment pour les demandes gracieuses (remise, modération, délais de paiement) ; sa saisine ne proroge pas les délais contentieux.
- Résolution amiable des litiges en ligne Quand l'enjeu se règle avec la plateforme de réservation qui a perçu une taxe de séjour excessive, les parties peuvent échanger des propositions en ligne dans un cadre structuré, pour un coût forfaitaire connu à l'avance, en quelques semaines au plus. L'accord trouvé est signé électroniquement par les deux parties et les engage comme un contrat. Cette voie dépend de la participation volontaire de l'autre partie (la plateforme accepte d'échanger) et ne suspend ni la réclamation auprès de l'administration ni ses délais.
- Juge de l'impôt Selon l'impôt, le juge administratif ou le juge judiciaire statue une fois la réclamation préalable rejetée. Comptez un à trois ans avec un appel. L'art. 750-1 du CPC, propre aux litiges civils, ne concerne pas le contentieux fiscal.
Le règlement amiable d'un litige fiscal passe par une transaction ou une remise gracieuse accordée par l'administration (art. L247 du Livre des procédures fiscales), et non par une homologation judiciaire.
Checklist de préparation
Questions courantes
À qui dois-je réclamer : la commune ou la plateforme ?
À la plateforme, qui a encaissé la somme. C'est elle qui doit vous rembourser le trop-perçu puis régulariser son reversement auprès de la commune.
Comment connaître le bon tarif ?
Le tarif de taxe de séjour est fixé par délibération publiée de la commune et récapitulé sur le site de l'administration. Comparez-le au tarif unitaire figurant sur votre facture, multiplié par le nombre de nuitées taxables.
Certains séjours sont-ils exonérés ?
Oui, notamment les mineurs et, selon les délibérations, certains publics (travailleurs saisonniers, hébergements d'urgence). Une taxe appliquée à un séjour exonéré est intégralement remboursable.