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Quels sont les délais et recours face à une procédure d'expulsion ?

La procédure d'expulsion locative pour impayés suit des étapes strictement encadrées : commandement de payer, puis, en l'absence de régularisation, commandement de quitter les lieux. La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) suspend toute exécution forcée.

Ce qu'il faut savoir

Le commandement de payer laisse un délai de 6 semaines pour régulariser la dette (2 mois pour les baux signés avant le 29 juillet 2023).

Le commandement de quitter les lieux ouvre un délai minimum de 2 mois avant toute exécution, sauf réduction ou suppression décidée par le juge.

Si ce délai expire entre le 1er novembre et le 31 mars, l'expulsion ne peut être mise à exécution qu'après le 1er avril.

Dès réception du commandement de quitter les lieux, le locataire peut saisir le juge de l'exécution pour obtenir des délais de grâce, d'1 mois à 1 an.

La règle de droit applicable

  • Code des procédures civiles d'exécution, art. L412-6 Suspension de l'exécution forcée d'une mesure d'expulsion du 1er novembre au 31 mars, sauf relogement assuré.
  • Code des procédures civiles d'exécution, art. L412-3 Le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants dont l'expulsion a été ordonnée, d'un mois à trois ans.

Vos options pour agir

Pour un litige locatif ou de logement, plusieurs voies sont possibles selon que vous cherchez un accord rapide ou une décision contraignante :

  • Commission départementale de conciliation Saisine gratuite d'une instance paritaire (bailleurs et locataires) pour les litiges locatifs les plus fréquents. Elle formule un avis en deux mois environ, que les parties restent libres de suivre (loi du 6 juillet 1989, art. 20) ; hors de son champ, il faut passer par le juge.
  • Conciliation de justice Sans frais (art. 1536 et s. du CPC) ; l'accès dépend de la présence d'un conciliateur dans le ressort.
  • Médiation ou procédure participative Négociation encadrée, bouclée en un à trois mois (art. 1530 et s. du CPC ; art. 2064 et s. du Code civil) ; elle a un coût, honoraires du médiateur ou avocat obligatoire de chaque côté.
  • Résolution amiable des litiges en ligne Négociation directe entre les parties, menée en ligne : échange de propositions dans un cadre structuré, sans déplacement, coût forfaitaire fixé à l'avance, quelques jours à quelques semaines, avec un accord signé électroniquement qui engage les parties comme un contrat. Suppose que l'autre partie accepte d'échanger.
  • Juge des contentieux de la protection Statue sur le bail d'habitation par une décision exécutoire, à l'issue d'une procédure encadrée s'étalant sur un à trois ans en cas d'appel. Une tentative amiable est requise avant la saisine pour les demandes n'excédant pas cinq mille euros (art. 750-1 du CPC), hors dispense.

Formalisé par écrit, l'accord engage les parties comme un contrat (art. 1103 du Code civil). Pour que le juge l'homologue et lui donne force exécutoire, il doit constituer une transaction, avec des concessions réciproques (art. 2044 du Code civil ; art. 1541-1 et 1543 du CPC), sauf accord issu d'une conciliation, d'une médiation ou d'une procédure participative.

Plan d'action

1

Vérifier la date de délivrance du commandement de payer et le montant exact de la dette réclamée.

2

Contacter sans délai les organismes d'aide (CAF, FSL) pour explorer un plan d'apurement.

3

Solliciter le juge de l'exécution pour obtenir un délai de grâce si l'expulsion est proche.

4

Si le désaccord persiste, comparer les voies possibles, amiables comme judiciaire, selon la nature et le montant de la demande.

Questions fréquentes

Combien de temps la trêve hivernale protège-t-elle un locataire menacé d'expulsion ?

Du 1er novembre au 31 mars, aucune exécution forcée d'une décision d'expulsion ne peut avoir lieu ; si le délai du commandement de quitter les lieux expire pendant cette période, l'expulsion ne pourra intervenir qu'après le 1er avril.

Peut-on obtenir un délai supplémentaire après un commandement de quitter les lieux ?

Oui, le locataire peut saisir le juge de l'exécution dès réception du commandement pour demander des délais de grâce, accordés de 1 mois à 1 an selon sa situation personnelle et familiale.

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