Conciliation, médiation, arbitrage : les différences
Conciliation, médiation, arbitrage : trois façons de sortir d'un litige sans procès, mais avec des règles, des coûts et des effets très différents. Dans les deux premières, vous gardez la décision ; dans l'arbitrage, vous la confiez à un arbitre. Ce guide les distingue d'après le Code de procédure civile tel qu'il est en vigueur depuis la réforme de 2025.
Le cadre commun : la résolution amiable des différends
Depuis le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025, applicable depuis le 1er septembre 2025, le livre V du Code de procédure civile regroupe les règles de la résolution amiable des différends (articles 1528 et suivants du Code de procédure civile) : les parties peuvent tenter une résolution amiable avec un juge, un conciliateur, un médiateur ou, en procédure participative, leurs avocats, avant ou pendant l'instance. L'accord ne peut porter que sur des droits dont elles ont la libre disposition, et ce qui est dit pendant la conciliation ou la médiation est en principe confidentiel (articles 1528 à 1528-3 du Code de procédure civile).
La conciliation
La conciliation est menée par un juge ou par un conciliateur de justice, auxiliaire de justice bénévole dont l'intervention est gratuite. Elle peut être conventionnelle, décidée par les parties avant ou pendant le procès (articles 1536 et suivants du Code de procédure civile), ou judiciaire, proposée ou imposée par le juge. Le conciliateur propose, écoute, rapproche les points de vue ; il ne tranche pas. En cas d'accord, un constat daté et signé est établi ; il vaut contrat, et peut être homologué par le juge pour devenir exécutoire.
La médiation
La médiation fait intervenir un tiers indépendant, impartial et formé, choisi par les parties ou désigné par le juge, qui les aide à trouver elles-mêmes une solution. Un juge peut aussi enjoindre aux parties de rencontrer un médiateur, sous peine d'une amende civile en cas de refus sans motif légitime. La mission judiciaire dure en principe 5 mois, renouvelable une fois 3 mois. Le médiateur est rémunéré, en général par les parties. Pour les litiges de consommation, le consommateur a droit à un médiateur de la consommation, gratuit pour lui (article L612-1 du Code de la consommation).
La procédure participative
Moins connue, la procédure participative est une convention par laquelle chaque partie, assistée d'un avocat, s'engage à travailler de bonne foi à la résolution amiable de son différend. Les échanges passent par les avocats, qui constatent l'accord dans un acte contresigné. Si un accord partiel ou aucun accord n'est trouvé, les parties peuvent saisir le juge du différend persistant (articles 1538 à 1540 du Code de procédure civile).
L'arbitrage
L'arbitrage est tout autre chose : les parties confient le litige à un ou plusieurs arbitres qui le tranchent par une sentence, comme un juge privé. La convention d'arbitrage prend la forme d'une clause compromissoire, insérée dans un contrat pour les litiges futurs, ou d'un compromis, signé après la naissance du litige (article 1442 du Code de procédure civile). La clause compromissoire n'est valable que dans les contrats conclus à raison d'une activité professionnelle et ne peut être invoquée contre une partie qui n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle (article 2061 du Code civil) ; dans un contrat de consommation, elle est en pratique écartée comme abusive. La sentence a l'autorité de la chose jugée ; pour être exécutée de force, elle doit recevoir l'exequatur du tribunal judiciaire. L'arbitrage est confidentiel et souvent rapide, mais coûteux : les honoraires des arbitres sont à la charge des parties.
La résolution amiable en ligne
La résolution amiable en ligne de CmonDroit est une négociation structurée, accompagnée par Justitia, assistante d'intelligence artificielle, dans des espaces privés : rien n'est transmis à l'autre partie sans l'accord de son auteur. Elle est disponible à toute heure, à distance, pour un tarif forfaitaire annoncé d'avance. Si les parties s'accordent, elle aboutit à un accord écrit signé électroniquement, qui vaut contrat et peut être homologué par le juge lorsqu'il constitue une transaction. Sinon, chaque partie reçoit une attestation de tentative de résolution amiable, qui justifie de la démarche. Elle se distingue de la conciliation de justice, de la médiation, de la procédure participative et de l'arbitrage : voir les comparatifs avec la conciliation de justice et la médiation traditionnelle.
Les principaux modes de règlement des litiges comparés
| Critère | Résolution amiable en ligne | Conciliation | Médiation | Procédure participative | Arbitrage |
|---|---|---|---|---|---|
| Qui intervient | Justitia, assistante d'intelligence artificielle | Conciliateur de justice (bénévole) ou juge | Médiateur indépendant et impartial | Les avocats des parties | Un ou plusieurs arbitres |
| Qui décide | Les parties | Les parties | Les parties | Les parties | L'arbitre, par une sentence |
| Disponibilité | Immédiate, à toute heure, à distance | Selon les permanences du territoire | Selon l'agenda du médiateur | Selon l'agenda des avocats | Selon la désignation des arbitres |
| Coût | Tarif forfaitaire annoncé d'avance, payé par le seul demandeur | Gratuit devant le conciliateur de justice | Honoraires du médiateur (gratuit pour le consommateur en médiation de la consommation) | Honoraires d'avocat, selon la convention | Honoraires des arbitres et frais, à la charge des parties |
| Force exécutoire | Homologation du juge, ou contreseing d'avocats puis formule exécutoire | Homologation du juge | Homologation du juge | Contreseing d'avocats puis formule exécutoire | Exequatur du juge |
Textes de référence
- Code de procédure civile, art. 1528 à 1528-3 : Principe de la résolution amiable, droits disponibles, confidentialité des échanges (livre V, issu du décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025).
- Code de procédure civile, art. 1530 à 1537 : Conciliation et médiation, judiciaires et conventionnelles.
- Code de procédure civile, art. 1538 à 1540 : Procédure participative aux fins de résolution amiable : convention, déroulement, jugement du différend persistant.
- Code de procédure civile, art. 1442 : La convention d'arbitrage prend la forme d'une clause compromissoire ou d'un compromis.
- Code civil, art. 2061 : La clause compromissoire doit avoir été acceptée par la partie à laquelle on l'oppose et ne peut être invoquée contre une partie qui n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle.
Points clés
- Conciliation, médiation et procédure participative laissent la décision aux parties ; l'arbitrage la confie à un arbitre.
- Le conciliateur de justice est gratuit et bénévole ; le médiateur est rémunéré, sauf médiation de la consommation gratuite pour le consommateur.
- Conciliation, médiation et procédure participative sont les trois modes cités par l'article 750-1 du CPC ; l'attestation de la résolution amiable en ligne peut être produite devant le juge, qui en apprécie la portée.
- La clause compromissoire est limitée aux contrats professionnels, et écartée en général dans les contrats de consommation.
- Un accord amiable devient exécutoire par homologation ou par contreseing d'avocats avec formule exécutoire.
Checklist pratique
- 1 Qualifier le litige : droits disponibles ou non, consommateur ou professionnel.
- 2 Choisir le mode selon l'enjeu, la relation à préserver et le budget.
- 3 Vérifier si l'article 750-1 du CPC impose une tentative amiable préalable.
- 4 Pour un litige de consommation, adresser d'abord une réclamation écrite au professionnel puis saisir le médiateur désigné.
- 5 Prévoir par écrit la forme de l'accord et sa force exécutoire.
- 6 Vérifier une éventuelle clause d'arbitrage ou de médiation dans le contrat.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre conciliation et médiation ?
Dans les deux cas, un tiers aide les parties à trouver un accord sans trancher. Le conciliateur de justice est bénévole, gratuit et peut proposer une solution ; le médiateur est un professionnel rémunéré qui aide les parties à élaborer elles-mêmes la leur. Le Code de procédure civile les traite ensemble.
L'arbitrage est-il possible dans un litige de consommation ?
En pratique non : la clause compromissoire n'est valable que dans les contrats conclus à raison d'une activité professionnelle (article 2061 du Code civil), et les clauses d'arbitrage imposées à un consommateur sont jugées abusives.
Un accord de médiation est-il exécutoire ?
Il vaut contrat. Pour pouvoir l'exécuter de force, toute partie peut demander son homologation au juge ; il peut aussi être contresigné par avocats et revêtu de la formule exécutoire du greffe.
Que se passe-t-il si la conciliation ou la médiation échoue ?
Vous pouvez saisir le juge. Les propos tenus pendant la procédure restent confidentiels et, sauf accord contraire, ne peuvent pas être produits en justice.